MAQUINA. - BODY TRANSMISSION
- il y a 2 jours
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Le trio originaire de Lisbonne, MAQUINA., sort son nouvel album ce 10 juillet intitulé "Body Transmission". Retour sur cette petite pépite explosive qui mélange, entre autres, le krautrock minimaliste, l'indus metal et la techno industrielle ! Prépares-toi à un trip de rave party intense et percutant où il y a également de la place pour des moshpits !
Le groupe

MAQUINA. est un projet musical portugais originaire de Lisbonne. La formation se compose de Halison Peres (batterie/chant), José "Mendy" Rego (basse) et João Cavalheiro (guitare/effets).
Le genre musical que propose le groupe est un mélange de krautrock minimaliste, de techno industrielle et d'EBM (electronic body music). Le krautrock minimaliste et la techno industrielle puisent leurs racines à Berlin, tandis que l'EBM a vu le jour en Belgique. A ces sphères musicales, on peut ajouter une énergie punk et des riffs très metal indus et vous entrez dans la palette sonore de MAQUINA. Le tout sans claviers, pour créer une musique "machinale", industrielle et très dansante. Ce qui fait leur marque de fabrique, c'est la répétition. On peut d'ailleurs lire comme présentation sur leur Bandcamp : "In my mind there's a continuous repetition", ce qui résume assez bien la philosophie du trio. Le nom précis du style musical est le motorik ; rythme métronomique, répétitif et hypnotique.
Leur premier EP "Dirty Tracks For Clubbing" est sorti le 27 janvier 2023. Il contient quatre pièces pour à peu près 40 minutes d'intensité sauvage ! Un peu plus d'un an et demi plus tard, c'est "Prata", le premier LP qui est publié le 5 avril 2024. L'énergie live du groupe est à voir en ligne lors de l'enregistrement KEXP au Festival Trans Musicales de Rennes en 2025. Les musiciens y interprètent quatre pièces dont "dança" en avant-première !
Depuis sa création, le groupe a déjà enchainé pas moins de 250 dates de spectacles à travers l'Europe, notamment des festivals, et même une tournée à travers le Brésil!
Ce que j'apprécie dans la musique du groupe, c'est cette énergie électrisante et brutale qui nous transporte dans les clubs les plus crades d'Europe où tout est permis ! Leur son est également très cinématique, car j'imagine chaque morceau comme étant la trame sonore d'un long métrage à l'ambiance thrash, Trainspotting par exemple. Le côté répétitif me parle même si, j'en conviens, ce n'est pas facile d'accès. Il y a une atmosphère garage/punk/hardcore (noise), voire psychédélique, qui vient particulièrement interpeller mes oreilles de mélomane extrême.
L'album

Body Transmission est le deuxième album des musiciens et il propose dix compositions originales pour une durée de 39 minutes. Contrairement à Prata, qui était majoritairement composé autour d'improvisations, Body Transmission est quant à lui plus centré sur l'écriture. Ils ont pris le temps de réfléchir à l'orientation de chaque morceau pour ne pas faire des pièces de dix minutes, mais plutôt des hymnes percutants de trois ou quatre minutes.
La pochette a été confectionée par le graphiste barcelonnais Hector Laplaza.
Le résultat est une oeuvre percutante, dansante, à la rythmique folle et répétitive où il n'y a jamais de pause dans la vélocité. Aussi techno que metal, mais également punk et noise rock, cet opus est un bel hommage à la contre-culture et à la musique "indus". Chaque chanson donne envie de secouer la tête et d'aller s'éclater sur la piste de danse !
L'album Arise de Sepultura a tourné en boucle pendant la période d'enregistrement du disque et on peut ressentir certaines influences. Allez-vous avoir l'ouïe assez fine pour les retrouver ?
Le radar analytique et intense d'Eddy
1.dança (with Dame Area) : on commence en force avec un riff de guitare qui me fait penser au morceau de Metallica "No Remorse" (Kill'em'all – 1983). Le duo Dame Area, basé à Barcelone, a accepté l'invitation pour collaborer sur cette chanson. La chanteuse Silvia Konstance nous propose un chant punk enragé tandis que son collègue Viktor L. Crux vient y poser ses synthés. Le chant est en portugais et la chanteuse troque son italien d'origine pour l'occasion. Les petits cris bestiaux semblent surgir de la forêt amazonienne et créent une ambiance tropicale dépaysante et presque menaçante. Un riff simple mais lourd, une ambiance de fête endiablée et trois notes de basse viennent ouvrir les hostilités de la façon la plus pertinente.
2.4-to-the floor : trois minutes de rythmes incisifs et un riff puissant où l'auditeur peut ressentir les influences de la musique électronique dans chaque note.
3.collapsing : le chant est hargneux et les effets dans la voix de Peres créent une sensation malsaine et horrifique, comme un cri lointain qui pue le désespoir ! Il jongle entre le chant clair et les hurlements pour créer une sensation de tension assez réaliste. Cette pièce est le parfait exemple de fusion entre metal/techno indus, le thrash metal et le post-punk.
Le groupe de crossover thrash Fugitive avec le guitariste de Powertrip, Blake Ibanez, le duo de techno berlinois Schwefelgelb et le groupe de post-punk anglais Section 25 sont des influences pour l'écriture de ce morceau. Ces formations passaient en boucle pendant le processus d'écriture de l'album, en plus de Sepultura.
4.agony : la hargne qu'on retrouve tout au long de l'album est toujours bien présente avec cette ligne de guitare terriblement "catchy". Les paroles dénoncent la politique mondiale, les mensonges et ce climat d'insécurité et de frictions qui persistent depuis tellement longtemps. Peres a dit à propos de cette composition qu'elle dépeignait un "no man's land" où l'humanité se trouve coincée au milieu de la misère et du chaos.
5.bizzaro : la distorsion de guitare me fait penser au son que les formations Soulfly et Fear Factory utilisent souvent dans leurs morceaux. A la fois tribal et industriel, mais également foncièrement metal, bizarro comporte aussi des éléments de musique techno/électronique qui font surface pour créer une fusion parfaite. La fin de la toune est psyché/garage avec un son très sale et underground!
6.valve : juste une pause légèrement bruyante pour scinder le disque en deux parties.
7.simulation : un gros hymne "headbanger" instrumental et épique du début à la fin où l'énergie ne diminue jamais !
8.step on me :
"Why people step on me
Why don't people talk to me
Why?
Me?"
Peut être le morceau le plus fluide et le plus naturel de toute l'oeuvre ; on y sent l'interprète déverser sa colère d'une manière libératrice et sincère.
9.out of fear : morceau explosif dès les premières notes où la batterie semble ne jamais prendre de répit. Le chant hardcore dépeint la frustration au coeur de ce mur de son.
10.pressure/pleasure : grosse introduction techno pour terminer le disque ! La dualité entre la pression et le plaisir est au centre de la pièce, mais le son de guitare vient vite rappeler que le metal fait partie de l'ADN de MAQUINA. ! Le tempo a un groove d'enfer et fera transpirer les adeptes du dancefloor ou des spectateurs de leurs concerts !
Les informations intutiles d'Eddy
-Au même endroit et la même année, la session KEXP d'Angine De Poitrine a fait le tour du monde et a fait exploser leur popularité. En espérant que les musiciens de MAQUINA. puissent aussi jouir d'une petite notoriété à la suite de leur passage, car ils mérient d'être découverts.
-Je suis toujours émerveillé des batteurs qui chantent en même temps que de jouer. Cela prend un sens de la coordination assez précis. Un bon exemple est Pierre-Luc Gratton de la formation québecoise Population II.
-Date de sortie : 10 juillet
-Genre : motorik, krautrock minimaliste, indus metal, techno industrielle, industrial punk, noise rock
-Label : Fuzz Club
-Pour fans de : techno, musique éléctronique, indus metal, Ministry, Chalk, Slift
-Note : 82/100
Un gros merci à ma blonde d'amour pour la relecture et pour son soutien infini !
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